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Yibus

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Yibus promène son regard de journaliste sur les Etats-Unis, qu'il observe attentivement depuis Washington DC.

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Un nom

le 11/06/2009 à 19h23



Il y a une semaine tout juste
, j'étais au musée de l'Holocauste de Washington. A l'endroit où, hier, un raciste de 88 ans a tué un agent de surveillance noir. "Noir"comme la couleur de peau que le tueur voulait éradiquer de la terre. Il détestait tout autant les Juifs.

Remarquez, je dis une semaine tout juste... Ça pourrait être il y a un mois ou avant hier que ça ne changerait pas grand chose à l'histoire. Si ça se trouve, c'est cet agent qui a ouvert mon sac, constatant qu'il était vide. Si ça se trouve, hein...

C'est bizarre, je traîne depuis quelques jours un gros tas de questions à la suite de ma visite dans le musée. Pas à propos du musée lui-même, non. Il est très bien construit. Dès la sortie de l'ascenseur, au quatrième étage, on est saisi face aux immenses photos des camps tels que les Américains les ont découverts. Puis l'exposition raconte l'exclusion et les persécutions mises en place par les nazis jusqu'à la solution finale. Cela m'a fait pensé au remarquable travail de l'historien Raul Hilberg, qui démonte les mécanismes du système.

Tout est raconté sobrement, appuyé par des images d'archives et des vidéos qu'on n'est pas forcé de voir (comme celles des expériences médicales). De même, on peut choisir de ne pas traverser le wagon exposé. Rien que cela montre le respect dans lequel est tenu le visiteur. On est bien loin d'une vision "totalitaire" de la mémoire.

Ce qui m'a le plus impressionné, c'est que le musée y adjoint la dimension personnelle qu'on trouve dans les livres de Primo Levi ou le film "Shoah" de Claude Lanzmann.

A l'entrée, on peut prendre un "passeport" dans une pile. Celui-ci raconte en quatre pages la vie d'une personne pendant l'holocauste. J'ai pris le premier accessible.


A côté d'Anne Frank, il y aura maintenant Robert Freund.


Robert Freund est né en 1893 dans la banlieue de Mannheim et a servi pour l'armée allemande pendant la première guerre mondiale. Il a deux enfants et était décorateur intérieur. Lorsque les nazis sont arrivés au pouvoir, il a perdu son emploi. Quand la synagogue et l'école juive locales ont été brûlées en 1938, sa femme et lui ont décidé d'envoyé leur fils de 14 ans en Grande-Bretagne mais pas leur fille qu'ils trouvaient trop jeune.

Le 22 octobre 1940, les Freund sont sommés de quitter Mannheim et de se rassembler à la gare. Robert désobéit, il essaie de cacher sa femme et sa fille auprès d'une famille juive vivant en dehors de la ville. Ils sont découverts et Robert est frappé devant sa famille. Quand il demande à ses agresseurs d'en finir et de le tuer, ils arrêtent de le battre.

Les Freund sont déportés à Gurs, un camp de concentration dans le sud de la France où Robert est séparé de sa femme et de sa fille. Il est envoyé au camp de transit de Drancy en août 1942 puis déporté à Auschwitz le 14 août. Il est gazé dès son arrivée.


Alors voilà, maintenant, ce livret est sur mon bureau depuis une semaine. Je ne l'ai pas jeté. Lors de ma première visite au musée, j'avais pris le passeport d'un survivant que j'ai égaré. Mais là, rien. Je n'y touche pas. Mauvaise conscience ? Peur de jeter la vie d'un homme dont je ne sais rien et dont, pourtant, j'imagine les souffrances ? Je ne sais pas.

Je crois que je vais le mettre dans le coffret de Raul Hilberg à côté des 2000 pages qui déchiffrent le comment de "l'extermination des juifs d'Europe".


La chanson du jour : "My playground live" par Air.




Et la liste des "livres à propos de différents massacres et déportations".
- "Dans le nu de la vie" de Jean Hatzfeld (sur le génocide rwandais)
- "Le portail" de François Bizot (sur le génocide au Cambodge)
- "Les contes de la Kolyma" de Varlan Chalamov (sur les camps sibériens)

(Maintenant, à vous de jouer)


Assateague (l'île fantastique)

le 28/05/2009 à 3h43



C'est une île
à trois heures de route de Washington DC. D'un côté la baie de Cheesapeake, de l'autre l'océan. On y accède par un pont en acier trempé, même par les jours de beau temps. L'île d'Assateague est un repère de rangers, c'est un parc national. Mais un très jeune, né bien des années après la -merveilleuse- invention de rossevelt, dans les années 30.

En 1962, près de 9000 personnes y habitaient, dans des maisons conçues à l'américaine, c'est-à-dire vite montées, vite soufflées. La suite de l'histoire, c'est qu'un ouragan venu du large fit du petit bois de tout cela, sans mort. Il reste l'ancienne route asphaltée.


Aujourd'hui, l'île abrite une faune drôlatique.




Saurez-vous reconnaître les monstres cachés par les herbes de tous poils ?





Et nous y avons vu la troisième sorte d'écureuil vivant sur le territoire américain (pas le gris ni le roux).


En vedette américaine, les poneys sauvages (aussi les moustiques l'été, mais bon...). Plus d'une soixantaine vaquent à leurs occupations quotidiennes (grosso modo brouter durant 18 heures).





La légende veut qu'ils soient arrivés sur l'île au 17ème siècle, à la nage, échappés d'un vaisseau en perdition. Plus prosaïquement, on ajoute que des propriétaires terriens, voulant échapper à certains impôts, les auraient envoyés sur cet terre. Chaque été, les jeunes sont capturés, vendus et l'argent va à une association de protection de l'île.

J'aurais pu titrer le billet "poney à nez" tant ces individus peu recommandables s'invitent sans vergogne à la porte de votre tente (la seule habitation de l'île... Formidable, ceci dit).


Il était même écrit que nous assisterions à une bataille d'égos.



Comme toute île qui se respecte, elle comporte son phare, située dans la partie sud, Chincoteague.



Devant notre joie sans nom à la vue de n'importe quel animal, madame a bien résumé l'impression familiale quant à nos balades dans la nature américaine : "Mieux vaut un lapin dans la nature qu'une girafe au zoo".


La chanson du jour : après deux ans de recherche, j'ai enfin trouvé voici quelques jours quel refrain ensoleillait certains après-midi.




Et la liste des "chevaux célèbres"
- Les chevaux moteur
- L'étalon noir
- Ourasi

(Maintenant, à vous de jouer)


Roman en ligne

le 15/05/2009 à 21h43


La pièce est prête. C'est une jolie salle de bain de cinq mètres carrés, aux murs blancs. Elle est au premier étage et communique avec la chambre du grand.

Ce sera ma salle d'écriture. Je vais essayer. Je ne peux pas écrire en bas où tout est distraction. J'ai acheté une petite table blanche, que j'ai posée en face du mur disponible, entre les toilettes et le lavabo.

A 6h (code aviation), c'est-à-dire dans mon dos, une fenêtre avec moustiquaire donne sur les arbres. En ce moment, les oiseaux s'en donnent à choeur joie dès 4h30. A 5h, une douche.

Chaque matin, je monterai dans ma cellule de 9h30 à 13h pour écrire. De la discipline. De la constance. Voir ce que ça donne mais essayer pour ne pas regretter.

J'ai un avantage notable sur Antoine Blondin. Lui, ses copains l'enfermaient pendant des jours dans une pièce pour l'obliger à écrire (en lui passant ses repas à heures fixes). Sinon, l'homme passait son temps à l'école buissonnière pour prendre ce qu'il appelait ses "verres de contact".

Qu'est-ce qui m'obligera à monter ? Je publierai chaque chapitre, au fur et à mesure de l'écriture sur Internet. Ici. En gros, vous, lecteurs éventuels, vous serez ma "Colle à Cul" selon l'expression fleurie d'Elisabeth George qui ajoute que celui qui finit un bouquin est celui qui a une bonne CAC.

Au programme des prochains mois :
- Histoire et personnages bouclés fin mai.
- Ecriture (1000 mots par jour soit 5000 signes) et mise en ligne à la fin de chaque chapitre.

A ce compte-là, j'ai l'intention de terminer le bouquin d'ici l'été prochain puis de l'envoyer chez un éditeur.

Lundi, au boulot garçon.
(En attendant, week-end camping à Ocean city, près de la mer, à contempler des chevaux sauvages).



La chanson du jour : Nneka chante "heartbeat".



Et la liste des "excuses pour ne pas écrire".
...

(Maintenant, à vous de jouer)


Le droit de s'asseoir

le 10/05/2009 à 9h23



Un même sujet,
deux traitements différents.

Il est handicapé, américain, il a des béquilles et un jour, il en a eu marre de voir des gens sans handicap apparent s'asseoir sur des sièges réservés. Alors, il les prend en photo et les balance sur son blog.

De l'autre côté de l'Atlantique, une tétraplégique raconte sa vie en fauteuil roulant et pousse une gueulante sur les squatteurs de places pour handicapés.


Allez savoir pourquoi... Le premier procédé me choque. Est-ce le sentiment de dénonciation ? Les réactions des lecteurs dans les commentaires ? (Plusieurs d'entre eux suggèrent qu'il eût été préférable de demander à la personne de se lever plutôt que d'en arriver là).

Pourtant, le pays où il n'y a aucun problème pour accéder dans les métros quand on est en fauteuil, celui où les bus disposent de plate-formes et où l'on voit des handicapés dans les rues, ce sont les États-Unis. En France, rien de tout ça.

Finalement, c'est peut-être cette visibilité (et les droits à l'accessibilité non bafoués) qui font que le blogueur se sent "dans son droit" pour mener sa campagne. Appeler un chat un chat pour secouer les consciences ?


La chanson du jour : Rokia Traoré chante "Dounia".




Et la liste des "incivilités aux Etats-Unis".
- Ne pas éternuer dans son coude.
- Ne pas donner un pourboire équivalent à 15% de la note.

(Maintenant, à vous de jouer)


Le Gaudi paysan

le 06/05/2009 à 1h04



Il faut toujours écouter
ses amis de longue date. Bien qu'ils vivent à Paris (ville au goût exquis), à moins de vingt mètres d'un fromager et qu'en se rendant chez eux, vous devez passer, le dimanche matin, devant une rôtisserie débordant de poulets plus grillés les uns que les autres.

Bref, ces amis nous ont recommandé la série "Architectures", diffusée sur Arte. En cinq DVD, les réalisateurs présentent une trentaine de bâtiments réalisés par des architectes connus du grand public que je suis (Nouvel, Frank Lloyd Wright, Piano et Rogers...) ou pas. Chaque épisode d'une demi-heure dissèque le bâtiment, la démarche de l'architecte, le replace dans son époque. C'est passionnant, pas ennuyeux pour un euro et se regarde comme on mange un réglisse Haribo.

La collection ne parle pas du travail de cet homme, ni de la vision enchanteresse -et moins connue- de celui-ci.

Dans la série "je-bâtis-tout-de-mes-mains", Justo Gallego Martinez poursuit son bonhomme de chemin. Parpaing après parpaing, il continue d'édifier, à 85 ans, une cathédrale qu'il a entamée dans les années 60. "C'est un acte de foi", dit cet ancien moine qui utilise surtout des matériaux de récupération pour son grand ?uvre. Malgré l'aide d'un jeune homme, qu'il paie sur sa pension, il aura bien du mal à achever cette cathédrale à ciel ouvert.



La chanson du jour : "Qui c'est celui-là ?" se demande Pierre Vassiliu.




Et la liste des " formes pures"

- la pyramide
- le cube
- le ruban de Möbius

(Maintenant, à vous de jouer)


Son sommeil

le 01/05/2009 à 16h23




Macha Béranger
est morte voici quelques jours. A vrai dire, c'était la deuxième fois.




La première fois, c'était en 2006, lorsque son émission avait été rayée de la grille de France Inter, après 29 ans de présence.


J'ai été touché, hier, en regardant l'extrait d'une émission après qu'elle avait appris la nouvelle. Le jeune animateur (Marc-Olivier Fogiel) et les invités lui disent en substance : "Allez, Macha, c'est la vie, 29 ans, c'est bien, c'est assez long, c'est la loi du métier, tu le savais, ils veulent rajeunir l'antenne". Elle fit la même émission sur MFM, pendant encore un an.

Entre minuit et 2h du matin, elle écoutait ceux qu'elle appelait les "sans sommeil".

Dans la vingtaine, il m'arrivait, les nuits d'insomnie, de tomber sur Macha Béranger. Et de l'écouter écouter. On entendait les silences, toute la richesse de la radio, le direct, on imaginait la lumière -forcément tamisée- de la petite lampe posée à côté de son micro. L'intimité de la radio. Et voilà.

La nuit est propice à la parole, à la boisson ou au disco.

Ça n'a aucun rapport mais elle disait aussi que dans ses plus beaux rêves, elle rejoignait ceux qui l'avaient quittée. Ils l'aidaient à passer à la journée suivante.


Note : raconter pourquoi je lis, chaque jour, la rubrique nécrologique depuis le départ aux États-Unis.


La chanson du jour : Philippe Léotard chante "je chante pour passer le temps" de Léo Ferré (je n'aime pas les diaporamas sur les chansons, morbide, mais bon...).




Et la liste des "voix radio"
- La mienne (le bon pronostic en direct sur une station locale du résultat du match de la coupe du monde de foot France-Koweit (4-1 avec l'émir qui pénètre sur le terrain) et la voix qui tremble).
- Celle de l'animateur phare de cette radio qui tient l'antenne tout seul, alors que le permis d'émettre vient d'expirer. Pendant quatre heures, il parlera, assis sur le toit de la station et on l'écoutera. Il dira ce qu'il a cru possible, ce qu'il a aimé, il saluera ses amis taulards...
- Eugène Saccomano (M. foot d'Europe 1)
- Jean-Luc Hees (M. Amérique, France Inter)

(Maintenant, à vous de jouer)


Philippe Léotard - Je Chante Pour Passer Le Temps

le 30/04/2009 à 19h03



Cote d'alerte

le 28/04/2009 à 8h03



L'heure est grave,
solennelle et je me dois d'en appeler à votre sens du sacrifice. Ce blog -qui ne porte toujours pas de masque- va s'arrêter d'ici quelques semaines.

Non que je me lasse de cette activité ludique mais après quelque 200 billets doux, je vais atteindre le maximum de la mémoire photo offerte par Blogger. Pour tout vous dire, j'en suis à 91%. Entre les photos des deux blogs et celles des albums vacanciers, on atteint les deux mille images.

Alors soit :

- j'arrête de partir en vacances (car Picasa, qui gère tout le petit monde des photos du blog est utile aussi pour entreposer quelques centaines d'images de bestiaux et bestioles made in USA que nous envoyons en liens à nos parents éloignés).

- je ne poste plus de photos du tout (ce qui limite un chouïa l'intérêt des textes, qui constituent plutôt des chefs-d'oeuvre de légendes que des morceaux littéraires à croquer).

- je change d'hébergeur pour continuer à faire rugir le Potomacmicmac. Bonne pioche à priori. J'imagine qu'en payant un petit forfait mensuel, j'aurais droit à davantage que 1024 MB.


Mais pour aller où, pour quoi ?
Merci pour votre réponse.

En attendant, on va suivre le conseil de Phoenix : "run, run, run".


Et la liste des "amis qui ont des sosies célèbres" (avec photo, histoire de voir la barre des 100% d'un peu plus près)

- Le bon ami ressemble à Abe Lincoln sans barbe









- Le placide coupeur de convoi funéraire du billet précédent est la copie quasi parfaite de Steve Nash (meneur de jeu canadien de l'équipe de basket des Phoenix Suns)










(Maintenant, à vous de jouer)


Briseur de grave

le 25/04/2009 à 1h04



Plus tordu comme titre, y'a pas. Mais il a sa propre logique, vous verrez. Oyez d'abord l'histoire qui est arrivée à un ami. Désolé, ma bonté naturelle m'interdit de le nommer mais sachez qu'il habite dans le Maryland.

Or donc, voici quelques jours, il est au feu rouge, dans sa voiture, nez en l'air. Il constate que pas mal de véhicules sont engagés dans le carrefour. Pas de problème, se dit-il, ils vont partir et lui permettre de tailler la route.

Voyant le vert s'allumer -et distraitement- il démarre et pile tout juste devant une voiture qui bloque toujours le passage. L'autre conducteur, loin de s'excuser, l'invective. Réplique de l'ami... Evènement pour le moins surprenant. Si vous le connaissiez, vous verriez qu'il est plutôt placide dans la vie. D'ailleurs, il possède une tortue que j'ai eu l'honneur de nourrir durant quelques jours, c'est tout dire.

Bref, il s'excite un peu et l'autre lui brandit alors devant le nez (manière de parler, deux vitres, même pas blindées, les séparent) un carton orange sur lequel est écrit "funeral" avant de reprendre sa route, furibard.

L'ami a fini son histoire. Il me regarde de l'autre côté du banc. Placide, l'ami. Moi, le museau qui se tord.

Instinctivement, je me mets à rire. Peu puis fort. Alors qu'il s'apprête à composer le 911 (numéro des urgences, entre autres psychiatriques), je lui explique qu'une des 120 questions à potasser pour le code de la route à Washington DC stipule qu'il ne faut JAMAIS couper un convoi funéraire. Même s'il traverse au rouge. Jamais, never.

Sauf que dans son Maryland, les règles pour avoir son permis sont bien différentes. Pas de code à réviser mais un pensum de quatre heures sur les ravages de l'alcoolisme et des drogues. Raconté ici, ça fait froid dans le dos.

Mon ami demande alors, le plus sérieusement du monde. "Et si le convoi avait fait 100 mètres long ? J'en ris encore.

Bon, le titre maintenant. En sachant que "grave", signifie "tombe" en anglais, le reste du titre devrait couler de source.

Sauf que le jeu de mots est approximatif. Car 33% des Américains ont choisi la crémation en 2008 (et 99,70% des Japonais et 23% des Français).

De toutes façons, vous avez échappé aux titres suivants :
- "Il a failli passé sur le corbillard"
- "Funéraire de rien mais c'est un corbillard"
- "Le convoi roulait au rouge".


La chanson du jour : Wyclef Jean réinterprète "le concerto pour une voix" dans "Apocalypse".


Et la liste des " choses de la vie constatées en ce jour"
- J'ai vu trois hommes en train de fumer un gros cigare à 10 minutes d'intervalle.
- J'ai vu des enfants de 10 ans poser des questions à des adolescents de 15 ans et les seconds être aussi gênés que les premiers.

(Maintenant, à vous de jouer)


Zamboni, oh oui !

le 22/04/2009 à 19h43



Je rêve de glace
ces derniers temps. Pas celle au parfum cookie-caramel-cherry nappée de chocolat chaud et émaillée de petits morceaux de cacahouète (je déteste sans finesse excessive les Ben & Jerry's et autres parfums exotiques...).

Ce que je veux, maintenant, tout de suite, c'est ce genre de plaisir.


Enfin... Plus à l'horizontale.


Depuis notre voyage
dans la péninsule nord du Michigan (au menu, des forêts, de la neige et des lacs en partie gelés), il n'est pas d'heure ou je n'envisage un séjour en Alaska. Le visionnage récent de "Into the wild" avait planté la graine. Comme soupape, je prévois d'aller ces prochains jours acquérir un sac de couchage qui tient chaud à -40°. Histoire de l'essayer dans le congélateur taille américaine.

Circonstance atténuante, je me suis récemment pris de passion pour l'équipe de hockey de Washington. En suivant ces diables rouges -qualifiés pour les play-offs- à la télé, je retiens mon souffle à chaque fin de période. Le coeur bat la chamade.

Car c'est le moment où la machine fantastique fait son entrée. La Zamboni. De la voir en action, de l'entendre lisser la glace toute rayée pour en faire un sol immaculé me remplit de joie. Je ne suis pas le seul, apparemment, à craquer pour la géniale surfaçeuse.

Les Gear Daddies ont connu leur petit moment de gloire avec "I want to drive the Zamboni" (pour les fondus de la déesse, attention ! La vidéo propose de multiples photos de Zamboni tunées pouvant provoquer des palpitations).



Consécration ultime, Sarah Palin a déclaré au magazine People que Zamboni serait un chouette prénom pour un garçon.

Les plus acharnés se précipiteront sur les stages d'initiation que propose, deux fois par an, une patinoire dans la banlieue de Washington. Le maniement du mythe s'affiche à 70 dollars les deux jours. Il paraît que c'est un cadeau d'anniversaire très apprécié. Le Washington Post du 10 avril dernier a recueilli le témoignage d'une biologiste travaillant à la très sérieuse FDA (food and drog administration) qui s'éclate sur son jouet grandeur nature. Après avoir compris les subtilités de la lame et du niveau de pression de l'eau, elle n'a qu'un commentaire.

"C'est un rêve d'enfant qui se réalise".


La chanson du jour : Daniel Darc chante "la pluie qui tombe".



Et la liste des "rêves d'enfant"
... (je crois ne jamais en avoir eu).

(Maintenant, à vous de jouer)


La tournée des grands lacs (Chicago)

le 18/04/2009 à 7h23



Je vous avais laissé
dans la campagne du Wisconsin, surnommé le pays des produits laitiers de l'Amérique. Pour éviter une transition trop violente avec la bruyante et verticale Chicago, nous avons fait une halte dans sa banlieue. Plus précisément à Oak Park, là où Frank Lloyd Wright a vécu et travaillé pendant vingt ans. On peut voir dans son quartier une vingtaine de maisons qu'il a conçues entre 1898 et 1908.

Il y construit progressivement le style "prairie" pour des "pavillons d'un seul tenant ou en plusieurs parties reliées entre elles, dont l'intégration au paysage par le biais de l'horizontalité est particulièrement soignée" (phrase tirée de l'article de Wikipedia).




" Wright perçoit les pièces d'un bâtiment comme des organes autonomes qui constituent un corps cohérent. Il pousse l'analogie avec le monde vivant jusqu'à prétendre que la construction doit représenter la croissance d'un être vivant."



Quelques heures plus tard, je songeais encore à Wright en prenant l'ascenseur -et mon courage à deux mains- pour grimper au 99ème étage de la Sears tower.






Vu d'en bas, on pourrait résumer Chicago par deux histoires tragiques. Le grand incendie qui consuma en deux jours les maisons de bois du centre-ville. C'était en 1871 et il ne reste que ce château d'eau en pierre de l'époque antérieure.


Chicago, c'est aussi une rivière qui traverse la ville. Sa particularité : son cours est inversé. Car en 1885, une épidémie de choléra tua 90 000 personnes. Et oui, les eaux usées étaient déversées dans la rivière qui se jetait dans le lac Michigan... D'où était tirée l'eau potable. De gigantesques travaux pour abaisser le lit de la rivière ont alors été effectués.

C'est donc le lac Michigan...


... qui se déverse dans la Chicago River.



Bilan du séjour : entre les horizontales de Wright et les verticales de Chicago, il existe sans doute une troisième voie pour dessiner maisons et immeubles. Ce pourrait être la courbe qui, selon Jean Cocteau, est le chemin le plus court entre deux rêves.

Avec son "Cloud gate", Anish Kapoor ne dira pas le contraire.




La chanson du jour : Sufjan Stevens chante "Chicago".



Et la liste des " villes au bord d'un lac"
- Côme (d'habitude...)
- Genève (et je te bouscule...)

(Maintenant, à vous de jouer)


La tournée des grands lacs (Wisconsin)

le 17/04/2009 à 7h03



Au fur et à mesure
qu'on redescendait de la péninsule nord du Michigan, il y avait de moins en moins de neige. Logique, me direz-vous. Sauf que je ne veux pas. J'aime la neige. Je m'y suis habitué. Je veux lire les livres de Jim Harrison.

Mais le problème, c'est que la température remontait sacrément en même temps.

Alors, pour avoir des photos de vraie neige -et sa variante glace à l'eau- sur fond d'air doux, vous pouvez prendre une tour d'observation de 30 mètres de haut, construite dans un State park. Ce modèle familial, par exemple.


Vous montez sur les planches (quand il y a du vent et que vous appelez Yibus-vertigo, vous faites les deux derniers étages à quatre pattes) et vous appuyez sur le bouton en fermant les yeux.




Vous avez aussi la variante transparence de l'eau. Plus proche du plancher des vaches.


A propos de transparence, j'hésite entre la couleur bleue-vert et le vert-bleu, là.


Pour les photos suivantes, c'est plus simple, me direz-vous.





La reconstitution des événements, et surtout des lieux, chère aux Américains permet des rapprochements acrobatiques entre une chapelle édifiée par un missionnaire français près de Green Bay à la fin du 17ème siècle...



... et les wigwams indiens bâtis deux cents ans plus tôt derrière les dunes d'une plage.


Une anecdote pour finir.
Dans un coin de la péninsule de Green Bay, il y avait deux phares, deux amis qui guidaient les bateaux dans l'obscurité depuis depuis 1869. Le plus grand...


... distant de 300 mètres de son ami.


Les marins alignaient les deux lumières et le tour était joué. Mais en 1969 ils ont été remplacés par un phare moderne, de l'autre côté de la route. Fin de l'histoire.


Ah j'oubliais, on a vu des animaux. Des canards sauvages. En vol, ce qui est plus coton.


Retrouvez
bientôt les aventures de Mister Yibus-vertigo en direct du 99ème étage de la Sears Tower à Chicago.


La chanson du jour : Brigitte Fontaine chante "Le nougat".



Et la liste des "peurs et autres soucis domestiques"
- Le vertige
- Les serpents
- les inondations

(Maintenant, à vous de jouer)


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