Les autres thématiques

Amérique latine, je me souviens...
Fiche Blog

Amérique latine, je me souviens...

http://amlatineterecuerdo.blogspot.com/

Patxi

France

Voyage Politique Amerique Du Sud Latine Chili Patxi

Patxi nous présente ses souvenirs de voyages ainsi que ses réflexions très engagées sur l'état et l'actualité de l'Amérique latine.

Votre note :

Moyenne :

Nouvelles notes publiées
  • 11/06
  • 10/06
  • 06/06
  • 29/05
  • 26/05
  • 20/05
  • 18/05
  • 09/05
  • 06/05
  • 30/04
  • 25/04
  • 25/04

Benicio Del Toro, confondant d'angélisme

le 11/06/2009 à 3h41




Benicio del Toro, au passage sosie de votre serviteur selon quelques flagorneuses pré-ménopausées qui me tiennent de collègues de bureau, tu le connais. C'est cet acteur porto ricain (et dans PortoRicain, y a ricain...), formidablement talentueux, notamment dans l'immanquable Traffic (2000) et dans le plus convenu 21 grammes (2003), à la crinière souple, aux yeux usés par le temps comme par les doutes existentiels. Et aux relents fébrilement gauchisants.
Dernier élément qui, évidement, a priori, emporte aisément le suffrage de ma sympathie.

Mais depuis que j'ai vu cet entretien qu'il accorda en début d'année à une journaliste, du typique archétype speakerine floridienne bourgeoise refaite cubaine exilée hargneuse de mauvaise foi mais pro de Miami (rajoutes les traits d'union, suis dans un cyber), dans le cadre de sa tournée promotionnelle des deux films qui retracent la vie du Guerrillero argentino-cubain, alias Che Guevara, bah j'ai comme perdu un copain virtuel de plus.

Bah oui. Bon elle lui sort le couplet classique communsisme= Hitler...Il bronche que piteusement.
mais ça s'aggrave ensuite.
Non seulement il est à côté de la plaque, mais en plus il s'enfonce de plus en plus, à l'évocation facile et pourtant légitime des aspects les plus sombres du Che: le tueur des 400 opposants réels et figurés de la prison, les déclarations réelles données aux Nations Unies (on les buttera tous...), l'intransigeance obtue et meurtrière, les impasses de la révolution du Che etc.

Il semble ignorer complètement l'autre Ernesto Guevara, sa sombre profondeur, sa complexité historique. Le sang; la tragédie totale...Une chose, le film; une autre, ces discours pro-Che très très light.
Ce qui surprend car Benicio a toujours dit qu'il avait mis 7 ans à tout étudier sur le personnage...

Donc, oui, effectivement, les artistes et la politique, c'est pas toujours terrible terrible.
C'est comme si Patxi, éminent politologue de cantina (avec diplômes encadrés, accrochés dans un coin de la cuisine, près de la hotte), toi même tu sais, commençait à jouer du banjo. Pas terrible terrible.

Bon bah je vais ranger mon Benito virtuel dans mon petit Tuperware d'amis pour de faux qui m'ont fait l'honneur de leur haute trahison pour "délit de tartufferie, d'angélisme benoit et de béatitude idéologique foncièrement risible".

Qu'il soit, sur le champs, exécuté par mes bataillons de soldats (de plomb...)...


Socio(démocrate)pathe

le 10/06/2009 à 2h01


La social-démocratie, cette vieille catin, est soumise au souffle abrasif, dévastateur, du réel?En Amérique latine, elle a beaucoup trahi, beaucoup privatisé, beaucoup dérivé.

En Europe, plus encore. Elle s?est deconnecté de ses principes fondamentaux, de sa sociologie électorale?le Vieux Mauroy les avait prévenu, à ces cons, depuis la fin des années 1990.

La social-démocratie vent de se ramasser une rouste monumentale en Europe.
La droite néolibérale, au moment même ou l?Histoire lui donne totalement tort, triomphe.

Alors, tâchons de ne pas faire comme les marxistes pur jus d?autrefois ou comme les bolivariens d?aujourd?hui, eux qui décrivaient la réalité comme ils voudraient qu'elle soit, au lieu de la prendre en compte, pour de vrai, et tâcher de la transformer.

La social-démocratie, cette vieille peau, est confrontée à trois interrogations lourdes qu?elle ne parvient toujours pas à manejar ?du verbe espingouin MANERAR:
-Comment qu?on effectue la redistribution, dans une économie mondialisée de capitalisme largement financiarisé?
- l'Europe est-elle une opportunité, une chance ou un problème, un obstacle ?
- Quelles solutions apporter à une société devenue multiculturelle ?

Tant que cette vieille matrone n'aura pas clairement répondu à ces questions, son peuple, de gauche, poursuivra sa dispersion, qui chez le Prof Béarnais, qui chez le Facteur de St Germain, qui chez l?ex trublion libéral-libertaire de 68?Tant qu?elle aura pas affiché son règlement interne, bien clairement, là, punaisé sur la porte de son bouge, la droite affairiste continuera tranquilou ses petits calculs de global-boutiquiers sans aucune espèce d?inquiétude.

Elle reste à la défensive, la Vieille. A l?attaque, bon sang !
A terme, l'idée même de solidarité peut être remise en question car, partout, l'individualisme progresse.
A terme, l?idée même de solidarité entre territoires, générations, groupes sociaux, catégories, peuples, nations, peut se réduire à peau de chagrin, ou sera imposé par le feu, par le fer, ici ou là, par de dangereux aventuriers populistes qui se feront un plaisir de porter la vague du resentiment?

Ainsi, une fois de plus, le 7 juin, ni Patxi ni son narrateur n?ont voté soc-dém?

L?écologie politique, qui n?aura de sens qu?au niveau européen, donc régional, commence à récupérer, comme annoncé par Dumont et Lipietz il y a fort longtemps, les petits renoncements et les grands abandons de la gauche traditionnelle.

Vous m?en voyez ravis.

Je t?invite à suivre, une fois de plus, les récit passionnants du vieux Lipietz, tant en Europe qu?en Amérique latine


Résistance indigena au Pérou

le 06/06/2009 à 2h41




Amazonie du Pérou, années 1990

DES AFFRONTEMENTS AU PÉROU FONT AU MOINS 20 MORTS

Ce massacre sera-t-il le début de la fin pour Alan Garcia, le président Péruvien?
Après avoir été le populiste vaguement social des années 1980, largement responsable de l'hyperinflation, de l'appauvrissement des masses et de graves violations des droits de l'homme, il est désormais un parangon infatigable du néolibéralisme prédateur, imposant notamment ces funestes mégaprojets transnationaux au moment même où émerge un certain consensus global sur sa caducité...(poil au nez).

Le monde indigena, et en particulier le monde amazonien, ou 500 ans de résistances...

REUTERS

Une trentaine de personnes ont été tuées et des dizaines d'autres ont été blessées vendredi dans le nord du Pérou au cours d'affrontements entre la police et des tribus amazoniennes opposées à l'octroi de concessions à des compagnies minières étrangères dans la forêt tropicale.

Des chefs indigènes ont accusé des policiers opérant à bord d'hélicoptères d'avoir ouvert le feu sur des centaines de manifestants pour mettre fin au blocage d'une autoroute à 1.400 km au nord-est de Lima, la capitale.

La police a dit que les manifestants avaient tiré les premiers, mais les chefs tribaux ont affirmé ne pas avoir d'armes à feu et n'être munis que de lances traditionnelles.

Les chefs locaux et le ministère de l'Intérieur ont fait état de la mort de 22 manifestants et de neuf policiers.

Des milliers d'Amérindiens s'emploient depuis avril à bloquer routes et voies d'eau pour obtenir l'abrogation d'une série de lois adoptées l'an dernier pour encourager des compagnies étrangères à investir en Amazonie.

"Il y a douze morts par balles (...) tirées depuis des hélicoptères", a déclaré le dirigeant indigène Alberto Pizango à des journalistes à Lima. "Je tiens le gouvernement du président Alan Garcia responsable d'avoir ordonné ce génocide."

Le gouvernement a lancé un mandat d'arrêt contre Pizango pour avoir encouragé les manifestations. Imputant les violences aux manifestants, le président Garcia a déclaré le moment venu de mettre fin aux blocages des routes, des rivières et des installations énergétiques.

La compagnie argentine Pluspetrol, qui avait déjà pratiquement arrêté les activités de sa concession 1AB dans le Nord péruvien, a fait savoir qu'elle y cessait la production. Elle extrait en temps normal un cinquième environ de la production pétrolière péruvienne.


Allons voir, mignonne, si le couvert boisé...

le 29/05/2009 à 4h21


Si le couvert boisé dans les pays tropicaux ne s?étend que sur 1700 millions d?hectares, soit seulement 6 % de la superficie du globe, c?est pourtant dans les forêts tropicales que se concentrent plus de la moitié des espèces animales et végétales de notre planète.

Ces formations fournissent une grande diversité de produits, qu?il s?agisse de bois de feu, de bois d?oeuvre, de bois de service, de bois de trituration ou de produits forestiers non ligneux.

Elles jouent aussi un rôle dans la restauration de la fertilité des sols, la régulation du régime des eaux ou la stabilisation des bassins versants.

Incontestablement, les forêts tropicales sont au coeur d?importants enjeux planétaires liés à la préservation de la diversité biologique, au changement climatique et au développement durable. Face à la complexité des défis techniques et scientifiques qui en découlent, des femmes et des hommes remarquables et beaux comme des apollons mènent des activités de recherche pour le développement sur les forêts naturelles, les plantations forestières, les arbres ruraux et leur environnement, les produits forestiers et les interactions entre la nature et la société, en mobilisant pour ce faire une grande diversité de compétences, des sciences de la nature aux sciences humaines.













Découvrez Ismaël Lô!


Job porteur

le 26/05/2009 à 3h21





Orpailleur illégal, portant douloureusement sa cargaison de whisky, de spaghettis, de mercure et son fusil MOSER?
Porteur-à-bagages-guide-touristique, portant difficilement la malle de voyage pour gringos et sa machette de rigueur?
Indien d'Amérique latine exploité par un autre Indien latino-américain, portant péniblement la contrebande du jour et son bâton de pélerin?

Je ne me rappelle plus trop...
Sans doute un peu de cela, et de cela aussi. Sans compter tout ce que tu peux en penser...

Ce dont je me souviens parfaitement, en revanche, c'est la sensation d'écrasement, c'est l'essai aborté, au bout de 8 secondes, oui, marcher, essayer de marcher, avec un tel bardas. Le poids phénoménal que peuvent porter ces hommes d'un mètre cinquante, sur des distances extravagantes, en pleine Amazonie. En montée...Pieds nus...Avec ces sacs à dos Quechua en fibre et écorce de...palmito...

Putain mano, à t'arracher le bas du dos.
80 kilos, au bas mot.


Le monde des hommes, individus et sociétés, est toujours moins nouveau que ce que les habitants de ce monde ne l?imaginent.
Et la technique, dont on veut faire le sens ultime et la nouveauté, resplendissante ou catastrophique, de notre devenir, presque toujours au service des plus antiques procédures. De ce point de vue, le moderne convaincu qui voit du progrès partout ou le capitalisme dispose ses machines, et l?écologiste à demi religieux qui se cramponne, contre l?artifice productif, au phantasme de la bonne nature, partagent une identique niaiserie.

Badiou, boudiou!


Découvrez Morcheeba!


Mr Chacaltaya est mort

le 20/05/2009 à 5h01






1995-2004

Il avait 18 000 ans.

Le glacier Chacaltaya, culminant à 5 395 mètres d'altitude, au dessus de La Paz, avait commencé à fondre durant les années 1980. Il a entièrement disparu cette année. Et, notamment, cette semaine, officiellement.

Même le Zapping de la semaine de Canal Plus en parle.

Les scientifiques avaient estimé que cet évènement ne se produirait pas avant 2015.

La plupart des glaciers de la région pourraient cesser d?exister dans une trentaine d?années, compromettant la ressource en eau, la vie même dans ces régions.

Dans la région andine, les précipitations ont diminué récemment, ajoutant au stress hydrique. A La Paz, la consommation d?eau est supérieure à la ressource.

Pendant ce temps, l'écologie politique est encore considérée comme, au mieux, un supplétif, un aiguillon vaguement complémentaire ou variable d'ajustement de visions toujours productivistes et prédatrices; au pire, comme un caprice de baas barbus rétrogrades, irréalistes car décroissants, et décidément si peu entrés dans la "modernité".

Attendons les premiers désastres qui toucheront le coeur même de Babylone; et nous assisterons, effarés, au tintamarre agité et tardif des mesures d'urgence qui auraient pourtant mérité d'être prises en amont...

Mr Chacaltaya est mort...

Déjà, il ya qq années, je n'avais pas pu chausser mes skis en bois, faute de ce revêtement si merveilleux...C'était la piste de ski la plus haute du monde, et les bergers aymaras du coin étaient fort inquiets.

Mr Chacaltaya est mort et je sens bien qu'au fonds, tu/je/il/nous t'en/s'en contre-fous...


La Sierra Tarahumara du Mexique, le pays des signes

le 18/05/2009 à 4h21





La Sierra Tarahumara, le pays des signes, ou la lutte silencieuse des indiens raramuris


« Le pays des Tarahumaras est plein de signes, de formes, d?effigies naturelles qui ne semblent point nées du hasard, comme si les dieux, qu?on sent partout ici, avaient voulu signifier leurs pouvoirs dans ces étranges signatures où c?est la figure de l?homme qui est de toute part pourchassée. (?) C?est sur toute l?étendue géographique d?une race que la nature a voulu parler ».
Antonin Artaud, Les Tarahumaras

Des signes, des formes, des effigies. Nul besoin d?être doté d?une sensibilité aussi extrême que celle d?Artaud, ou d?être sous influence du redoutable peyotl, l?hallucinogène local, pour être sensible à l?ensorcellement de ce pays sculpté par les dieux. Le spectacle majestueux, époustouflant de cette montagne sans fin, ne saurait laisser personne indifférent. Petite plongée dans le Nord du Mexique, au c?ur de la Sierra Madre Occidental, plus communément appelée la Sierra Tarahumara (Etat de Chihuahua). Derrière ce pays magique, surréalisme en soi dans « ce pays instinctivement surréaliste » comme le disait André Breton à propos du Mexique, se dévoile un théâtre tout aussi accidenté, sauvage, beau et douloureux, peuplé de personnages fascinants qui jouent discrètement une pièce triste et complexe. Celle d?une lutte tout en silence et en repli, qui met à jour certains enjeux de notre post-modernité.

La poésie opaque de ce mot, Tarahumara, nous vient de l?histoire même de la région convoitée des Ravins du Cuivre, et de la déformation linguistique d?un nom donné à un peuple par les Espagnols, aux temps de la Conquista. C?est en effet en 1541 qu?un détachement de conquistadores rencontra pour la première fois un groupe d?autochtones dans les gorges de la Sierra, ces rugueuses, inhospitalières terres de haut-plateaux et de canyons profonds et escarpés. Il désigne toujours, aujourd?hui, le nom de ces indigenas qui vivent sur ces terres du Nord mexicain depuis prés de 2000 ans. Mais eux-mêmes se nomment « Raramuri », ce qui signifie « hommes aux pieds légers ».
Empreint de philosophie et de chamanisme, ce peuple reste discret. Par tradition. Et par stratégie de survie. Comme la plupart des religions dites chamaniques, celle des raramuri ignore la notion de pêché. Certaines de leurs pratiques culturelles sont relativement connues. Ils organisent notamment entre communautés des manifestations rituelles : rites visionnaires, courses en équipe de plus de 50 km dans la montagne, jeux de balle en bois (le rarahipa).
Au delà des clichés sur ce peuple énigmatique et fier, aux traditions immémoriales marquées par un ésotérisme très complexe et des rites magiques innombrables, les raramuri vivent en petites communautés dispersées, entre monts et canyons, et font preuve d?un rapport à la mobilité relativement singulier par rapport à d?autres populations indiennes du pays.
La plupart des 50 000 à 60 000 raramuri vivent toujours selon un mode de vie traditionnel, dans un logement de type troglodytique. Chaque famille possède plusieurs types d?habitat, petites maisons en bois ou en pierre, étalés sur plusieurs étages écologiques. Cultivant le maïs et les haricots comme aliment de base, nombre de raramuri continuent à élever des bovins, des chèvres et des moutons et à pratiquer la transhumance : agriculteurs et chasseurs, ils changent de lieu de vie au gré des saisons. Sur les haut-plateaux en été, et au fond des canyons en hiver.
C?est que cette stratégie d?isolement très particulier, combiné à ce semi-nomadisme saisonnier, a protégé les indigènes et leurs terres des intrusions pendant des siècles. Ils ont tant bien que mal résisté aux différents assauts de l?histoire, aux conquistadores et au travail forcé dans les mines d?or, d?argent et d?opale, aux missionnaires et à leur zèle prosélyte tout au long du XIX ème siècle, aux divers programmes « d?intégration républicaine » du régime autoritaire post-révolutionnaire du PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel), pendant 71 ans aux commandes du pays, aux divers programmes d?évangélisation et « d?hispanisation linguistique ».

Leur récit est celui d?une résistance, en silence. Le repli stratégique, comme mode de survie. Interprétation et veille, inquiète et vigilante, des signes. Des signes avant-coureurs ou signaux clairement hostiles, que tous les nouveaux projets d?inféodation, de développement ou d?extermination ont envoyé au fil des décennies. Fuir, s?enfoncer, toujours plus haut, plus loin, dans la montagne.
Mais au cours des trois dernières décennies, ils ont du faire face à de nouvelles menaces, peut-être plus violentes, sans doute plus destructrices. A commencer par le narcotrafico, inévitable dans la région, ainsi que les industries du bois et leur lot d?expropriations forcées. Difficile de savoir qui aura le dernier mot dans les décennies à venir. Malgré les frappantes asymétries, malgré l?immobilisme et l?absence de volonté politique des autorités mexicaines de rég(u)ler ce type de conflits régionaux aux ramifications anciennes. Malgré ce contexte défavorable et le rapport de force parfois disproportionné, les communauté , appuyées par certains acteurs locaux (ONG, avocats, écologistes) refusent l?arbitraire. Les raramuris, sont toujours là. Et font valoir leurs droits.
Menaces
Le cas de Pino Gordo, communauté perchée dans cette forêt d?altitude à l?incroyable biodiversité, est en ce sens archétypal, caricatural dans sa spécificité. Un réseau de politiciens locaux corrompus (le bon vieux système clientéliste du PRI) et de trafiquants de drogue, faisant leur negocio sucio sur des contrats d?exploitation forestière obtenus frauduleusement, prospérant grassement du trafic à grande échelle de marijuana et d?opium (la « demande » est si proche, et en plein boom ; quant à l?offre, elle est si « facile » à produire?), retient en otage de la violence les communautés indigènes de Coloradas de la Virgen et de Pino Gordo depuis plus de 30 ans.
Les Raramuris continuent de payer un lourd tribut à la défense de leurs terres et de leur forêt. Entre 1986 et 1994, trente-six Raramuris ont été assassinés dansn la seule communauté de Coloradas, laissant derrière eux 146 enfants et veuves. Ces exactions se poursuivent depuis lors et s?intensifient, même si jusqu?à présent ces victimes sont classifiées par la justice sous la rubrique "règlements de compte", ce qui ne rend pourtant pas du tout "compte" de la réalité. Le pillage des bois et autres ressources naturelles, qui appartiennent historiquement à la population raramuri, se poursuit. En silence.
La mécanique est simple. On expulse, on défriche. On vend le bois, puis la came. Juteux. Rentable. Par ailleurs plutôt sûr, car à l?abri des regards et pouvant jouir de certaines protections locales.
Ces "événements" sont à l?évidence moins médiatisés et "glamours" que ceux du Chiapas. Pourtant, mis bout à bout, ils tissent une trame tout aussi éclairante sur les enjeux de territoire, les différentes « légitimités » qui s?affrontent, sur le contrôle par la force et la mise au pas des habitants de ces terres et de leurs ressources naturelles, par l?intimidation, le racket, la violence. En totale impunité.
Les acteurs en présence, tous impliqués à des échelles diverses, offrent ainsi un reflet particulièrement éclairant des dynamiques de domination et d?homogénéisation culturelle, portée notamment par notre époque de globalisation libérale, qui travaille, accélère et modifie l?essence même de cultures millénaires (elles aussi en évolution permanente, mais dont les points d?équilibres principaux se trouvent aujourd?hui sérieusement et même, fondamentalement, menacés), parfois au nom même de leur émancipation et d?un progrès sans cesse valorisé?Et c?est en remontant le fil de ces événements que l?on peut découvrir tout une conjonctions d?intérêts et d?acteurs dont la responsabilité collective, mise bout à bout, aboutit à la situation d?impasse actuelle de cette communauté, en danger de mort et d?oubli.
Cette communauté protège par ailleurs l?un des plus vieux pins endémiques du monde (il en resterait à peine mille en 2003), ce qui constitue un exemple inquiétant d?éco-pillage qui se surajoute au drame culturel en cours.
C es exactions se déroulent en effet dans la zone de biodiversité la plus riche d?Amérique du Nord, dans le c?ur même de l?habitat du peuple natif autochtone le plus nombreux d?Amérique du Nord. Des 249 espèces animales répertoriées dans la Sierra, 28 sont menacées et 5 sont en voie d?extinction, selon une étude officielle (WWF), phénomène aggravé par la taille massive du bois. Le Rarámuri a par ailleurs vis à vis de l?arbre une relation totalement différente du mestizo. Sa vision n?est pas, ne peut être, même un tant soit peu, mercantile. On ne peut commercialiser sa famille, on ne peut vendre ce qui appartient à la Terre Mère et au Dieu Père. Le bois est aliment : aliment pour le feu, pour « l?esprit du dessus », pour la musique, par le violon, pour les rites, fêtes, liturgies et danses traditionnelles.
Le bois représente et concentre les secrets les plus opaques de sa culture et de sa cosmogonie, de sa vie même. Mais l?invasion des scieurs sur leurs terres (leurs ejidos, reconnus pourtant légalement en 1960) les a inféodé à un régime de domination dans lequel ils sont passés du statut de propriétaire historique des bois à celui d?employés sous-payés d?une « entreprise ejidal », que les mestizos dirigent comme si ces bois et ces employés leur appartenaient de façon intangible, indiscutable, naturelle.
La Banque mondiale, en construisant des routes d?accès pour un méga-projet de développement dont elle a le secret (mêlant économie et tourisme, pour 380 millions de dollars tout de même), a par ailleurs contribué à ce désastre... avant de retirer ses billes, constatant que les voies ainsi tracées servaient surtout une intensification de la sur-exploitation du bois et l?explosion du narco-trafic. La beauté de la région, et le "cachet d?authenticité" apporté par l?Indien fétichisé tarahumara, avaient pourtant "bonne gueule", sur le papier à en-tête WB.
Les Rarámuri, face aux velléités de domination de ces chabochis, ces « blancs », littéralement « celui qui a des araignées sur la tête », en référence aux barbes des conquistadors espagnols, n?ont pas une tradition de résistance organisée, encore moins armée, face aux agressions dont ils sont l?objet. Comme nous l?explique l?anthropologue Elsa Pena, qui travaille pour l?ONG locale Coalicion Sierra Madre : "Quand quelqu?un d?extérieur l?envahit, le domine, le Rarámuri essaie simplement de tourner les talons de la manière la plus discrète possible, faisant bien attention de ne pas déranger, et il se retire dans un endroit des plus reculés de la Sierra. Telle est son histoire. La confrontation n?est pas dans son répertoire."
Il faut alors imaginer. L?expérience des raramuris. L?expérience du vide. Vertigineux. Désarmant. Le refus de la confrontation, dans cette envoûtante région relativement ouverte au tourisme international.
Il faut imaginer, comme autant de jalons, de questions posées tout au long du trajet magique du fameux train touristique de la Sierra, le spectacle de ces formes si particulières que prend la roche volcanique, tantôt ôcre, tantôt rouge. Des formes. Des signes indescriptibles. Hallucinants. Effrayants. Beaux. Intrigants. Il faut imaginer, le rythme ternaire, envoûtant car répétitif, la mélodie sourde des tambours des Tarahumaras, dont on entend parfois l?écho qui se hisse au dessus des crêtes. Cette musique là, qui se marie parfois au son lancinant de l?acier sur le rail, et qui rajoute à ce sentiment d?étrangeté et de respect curieux vis à vis des indiens Tarahumaras. Il faut imaginer ce pays de signes?Et la tentation d?en rester à cet exotisme là.

Beaucoup de touristes repartent, contents, satisfaits de ce qu?ils ont vu. Sans soupçonner le pouvoir comme le sens, finalement pas si mystérieux, de signes qu?ils n?ont parfois ni pu, ni voulu déchiffrer?sans soupçonner le drame qui se joue, discrètement, un peu plus haut dans la montagne. Il faut pourtant imaginer le répertoire si particulier des raramuris dans ce théâtre d?ombres. Leur fuite, et leur lutte de silencieux résistants.


Découvrez Tarahumara!


Messianisme 16 soupapes

le 09/05/2009 à 19h21



Crédit photo: Daniel Moreira

"La démocratie n?est pas le meilleur des régimes. Elle en est le moins mauvais. Nous avons goûté un peu de tous les régimes et nous savons maintenant cela. Mais ce régime ne peut être conçu, créé et soutenu que par des hommes qui savent qu?ils ne savent pas tout, qui refusent d?accepter la condition prolétarienne et ne s?accommoderont jamais de la misère des autres, mais qui justement refusent d?aggraver cette misère au nom d?une théorie ou d?un messianisme aveugle."

Albert Camus
Essais, 1965.
1975 pages (pas pour les pédés, en somme)



5 de mayo (nos dieron la madre!)

le 06/05/2009 à 4h01



Photo papier de Patzcuaro: le Mexique qui gagne!

Impossible de ne pas se souvenir de cette date.
Depuis les années 90, pas une année sans une pensée pour mes vendeurs de taquitos du bas de la rue, là bas, au DF.
Le 5 de mayo, c'est la date de la Branlée Magistrale reçue par les aventureux troufions en canasson de Napoléon le III par les troupes moustacho-Mexicaines, non loin de Veracruz.
Jour de fête nationale dignement célébrée depuis le 19ème. Ca mange pas de pain, soude un peu plus la Mère Patrie contre ces impérialistes d'opérette, par ailleurs passablement efféminés, selon la propagande officielle, et mets chaque année du baume au coeur national, quelques temps après avoir perdu une bonne partie de son territoire pour cause de rouerie impérialiste yankee au milieu dudit siècle.

Le "5 de mayo", c'est aussi la meilleure façon d'entamer "violemment/rigolardement" la conversation avec les troufions de rue, vendeurs de tacos, cireurs, batteleurs, journaleurs, tapineurs, lo que sea que suena y truena en la calle pues, sur le mode:
- Y de donde vienes tu?
- De Francia...
-Franchute? verdad, vrai de vrai? Ayyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy no mames franchute, que paso manoooo? 5 de mayo franchute!!Te dimos la maaaaaaaaaadre verdad guero?
Qui pourrait se traduire par:
5 mai, mais on t'a mis une grosse branlée, blond blond?

Et d'entamer une de ces rencontres de poésie urbaine inimitables, forfait illimité...
Et d'évoquer le sous-Napoléon en goguette comme s'il avait tenté son expédition coloniale juste avant l'ère Mitterand, quoi...

Dieu ce que le DF peut me manquer.
A vrai dire, le Mexique, c'est de loin mon pays préféré du continent.
Et celui dont je parle le moins ici, car j'ai, à chaque fois, l'impression de m'attaquer à un tel monument, à une telle monstrusotité magique, que je reste muet, impassible, fasciné, pétrifié...Les mots ne vont jamais, ne sont jamais assez précis.

Plus facile d'ergoter petit bras sur les braillards bolivariens et balancer 2-3 portraits que d'aborder la bête...

Mais bon, faut dire, aussi, 5 de mayo, gueyyyy, nos dieron la madrrrreeeeeeeeeeee!
Et ça, bien évidemment, ça calme...


Nadie como tu

le 30/04/2009 à 6h21






Aujourd'hui, 29 avril de l'An de Grâce 2009, c'est le 400 ème shot de tequila frappé que je te sers.

Depuis septembre de l'An 2006en effet, un chapelet ardent, hardi, de 400 messages de valeur inégale,
mais à la saveur aigre-douce, et que je sache,
pour autant,
à ce jour, inégalée.
Tu penses bien...

Et bien vois-tu, ça m'en touche une sans faire bouger l'autre.

Allez, un petit cliché pour la route quand même, sur la route, même.
Histoire de célébrer le prétexte.

Porque lo vales, parce que tu le vaux bien, porque, porque, porque...
No hay nadie como tu, lector, mi amor (anonimo)!






La Mama de l'expat, 2

le 25/04/2009 à 4h21





Over the rainbow





Les pérégrinations, les palpitations de la Mama de l?expat, ta maman, tu les as suivies, de loin, puis au plus près. Et elles ne t?ont pas été totalement indifférentes, apparemment.

Alors, d?habitude peu attentif à tes attentes, une fois ne sera pas coutume, j?obtempère.
Et je t?en ressers même un ptit chouïa pour la route.


La mama de l?expat, ta mama, elle est bien contente d?en savoir un peu plus sur TON « pays de fous » (car il est bien évidemment d?usage-homologué- de décrire « son » pays d?expat comme le plus « compliqué », le plus « ouf », le plus ceci ou le plus cela du Continent, voire même, du Moooooooonde).
Ta mama, elle est bien contente, en tout cas, de pouvoir entourer ta voix métallique et loitaine, au téléphone, désormais, avec des petits bouts d?images, un cadre concret, les petits riens qui vous peignent un peu plus clairement un environnement, un contexte, un climat,

ton chez toi fait de meubles bizarres et d?odeurs toutes aussi exotiques, et pis la vue depuis le balcon, les tronches des tes nouveaux ami-es et collègues, les histoires et les sons de la rue, qui grouille, qui dort jamais, c?est pas comme chez nous dis-donc?Bohlala, le bruit, l?agitation, la vie dis-donc dans ta ville, mon fils, ma fille?

Car elle l?a pris cette fois, ce foutu avion qui t?emmène si loin d?elle ; elle est pas resté comme à se sentir comme une imbécile avec ses yeux tout mouillés, immobile, au milieu des vas et vients des ohortes nomades, à l?aise, pressés. L?avion, cette fois, l?est pour elle?elle qui n?en a que très peu l?habitude.

Elle est donc Venue. Vu. Vici, ici.

Elle a mangé les plats locaux. Tous. Une envie de bouffer, de se rembobiner les aiguilles du temps perdu autrefois, avec son tocard de mari, puis du temps passé, avec quelques autres branleurs medio braves, medio charlatans, attirés au mieux par Palavas ou la Baule plus que pas ces contrées tropicales. En même temps, y avait même pas assez de dinars pour la Baule non plus, alors pensez-donc, Cancun.

Elle en a bouffé, bu, des spécialités locales.
Toutes.
Elle en a choppé des mini typhus, des parasites, des touristas, surtout sur la fin.
Tous.
Ca n?a pas entamé sa bonne humeur. Sa soif de découverte.
« La coliqua no pasara, mon grand. Allez, on annule rien du tout, on y va ! J?ai pris mon rouleau au cas où ». La classe mondiale, que j?te dis, la mama!

Elle a pris 876 photos.
En 13 jours.
876 photos.
Papiers.
Elle a voulu les développer sur place. Toutes.
« Moins cherrr, pardi ! ».
Malgré les 643 qu?elle t?a fait prendre, à toi, sur ton (certes) merdique joujou numérique CASIO (car ton Canon pro là, d?avant, tu tl?es fait voler dans le métro parisien, juste au retour, dans un de ces moments de relâche prétentieuse, ou tu penses que t?es un dur qu?a vécu à Mexico City donc c?est pas ici qu?i t?arrivera quoi que ce soit quoi?toute similitude avec la réalité n?est que?).
Malgré les promesses de CD-rom (« et comment que je vais te l?ouvrir ton machin là ? Faudra que j?aille chez ta s?ur ? Encore faut-il que je dérange personne moi là bas paske bon? ») , malgré les possibilités d?impression « personnalisée » des plus belles photos.
Non, il les faut toutes. Maintenant.

C?est tellement beau, tout ça, là, les gens, là, et pis les paysages, et surtout prends un premier plan toujours, comme une feuille de palmier par exemple (vas-y, je te la tiens, là, en premier plan, comme ça, ça remplis bien le tout..tu vois fiston ? tu vois, poupougne ?...ouh, et ces cactus ! prends ! Ouh, et ces fleurs, en premier plan, tiens, baisses-toi, mama mia, quelle splendeur dis donc ! Que je suis gâtée ! Tiens prends les pêcheurs qui arrivent là ! Non pas moi, me prends pas, je suis toute vieille?Et pis moche aussi. Prends les eux, plutôt.
Dis pas ça, m?an. Tu sors très bien en photo en plus et?
Elle est déjà en train de poser des questions aux pêchous du coin.
Et de faire des moulinets. Et de parler avec ses mots à elle, comme elle peut. Et de lever la tête, les afro-gaillards la dépassant de 6 têtes.

Et tu t?approches, plutôt gêné.
Gêné par quoi, imbécile ? Par sa propre outrecuidance, son côté « sans gêne - j?ai-pas-les-codes » ? C?est ça ? Mais c?est quoi qu?est « trop de codes », des fois, fiston expatounet?Tu l?as mis ou ta spontanéité, hein, dis ?
Gêné par ta mère qui parle à tout le pueblo? Ou serait-ce plutôt par ton propre petit bout de vide, blasé? Serait-ce « mas bien » par ton propre inconfort, par ton manque d?audace et d?allant, toi qui parfois reste muet, aveugle et silencieux envers l?autochtone ? Par peur de quoi, au juste ? On peut savoir ? De déranger ? De faire du bruit ? Mais t?as vu le bordel sur ce petit port sans déconner ? Mais tu crois vraiment être le premier blanc bec en quechua qu?ils voient débarquer ma parole ? Ils en ont vu d?autres, alors autant que ça se passe naturellement, joyeusement, que ça se passe, plutôt que ces mépris réciproques, ces frôlements frileux?

C?est toi qui est gênant, quand tout le port et le 4 ème Syndicat coopératif pesquero de Puerto Angelito se marre des récits de ta mère, grand ; et que toi t?es là, empoté, et te décide enfin à te dérider un peu.

Putain, les tongs suffisent pas à te détendre, fiston d?Europa. Etre cool, ça prend du temps, vue le terreau calviniste qui t?a travaillé, travaillé, travaillé?Allez, relax, et laisses là prendre ces 1000 photos de pêcheurs musclés, et de leur raconter ses anecdotes, à ta vieille.

La mama de l?expat, elle adore les zanimaux, aussi. Surtout les toucans, mais pas les serpents.
Et pour s?approcher de sa cible animale, elle est prête à tout. Y compris les petits conseils au guide, au cas ou il aurait pas encore compris qu?il fallait arrêter le véhicule?Ah ah?

La mama, ta maman, elle aime tout ce bordel, mais sait pas comment qu?on fait pour y vivre tout le temps. Ah ça oui, sont gentils.
Mais alors y a des trous partout sur ces routes, c?est pas possible.
Mais qu?est-ce qu?ils sont gentils.
Tu sais, avant, au village, on était comme ça aussi. Y?avait, je sais pas moi, un peu d?entraide. Boh j?idéalise aussi, y?avait ces merdeux qui martyrisaient les plus faibles. Aussi. Bon et puis des rugbymen, le curé?En tout cas tout le monde tuait le cochon ensemble?
Et là, ta maman, qui t?ouvre une presque-pensée intérieure : tout pareil comme dans les romans de Mauriac, dans le bordelais rural?
Les divorcées exclues, les cancans interminables. Mais il y avait la joie d?être ensemble. Le partage. Et ici on dirait qu?ils vivent ça, pareil qu?avant, nous, non ? Hein, biquet, fiston ?
-Réponse : Mmmhh?moui, c?est possibe, m?an?C?est vrai qu?y?a tous ces petits métiers et commerces de proximité, aussi, un peu partout, qu?on voit plus en Europe désormais, dans les rues?Coutelier, cordonnier, livreurs de cageots, d?eau, de lait, artisans, roulottes multiservices, chapelier, chamelier?

« Finalement, c?est bien eux qu?on raison, teh, pardi. On gobe des anxiolytiques et toutes ces saloperies par quintaux en France?Eux, pendant ce temps, ils ont pas l?air de se rendre malade si ils sont en retard ou quoi, hein, c?est vrai?Au final. Hein ?
Rôôô, qu?ils sont mignons ces gosses. Ils sont bien là, à vivre dans la nature, au soleil?Rôô les ptits bouts de chou? »

Pensée intérieure : ne rien dire sur le couvre-feu de facto dès 18h?(on est pas à Cuba ici?). Des coups de feu ? ce matin ? nnnnnnnann, m?an, c?était des pétards pour Santo?Tu sais, le santo là..San Marcos, voilà, le saint des ?des panaderos/boulangers?du coin..les libano-portugais là, ils aiment beaucoup leurs saints et dès le matin, bah, ils font péter des « ben laden », ces gros pétards si communs par ici?Ok ? T?inquiètes pas?

Et toutes ces ados, avec un bébé au bras, elles s?occupent bien de leurs petits frères, hein? ? T?as vu ? Y?en a partout dans les rues? Oui maman, je vis là, j?ai vu...oui oui, leur petit frère?On va dire? « petit frère »
Et les hommes, sont où les hommes ? Tous les villages, quand même, c?est les femmes qui se tapent tout le boulot?A la maison, au travail, dans la rue?Zont l?air de picoler pas mal quand même les gars, pendant que ces pauvres dames triment?te leur foutrai des coups de pieds au cul moi, boudiou?
Ah ça, maman, bonne question, bonne question?

La mama de l?expat, ta maman, elle aime bien, quand elle vient te voir, dans ton chez toi, là bas, si loin, si loin.

A suivre?


Chavez inonde la messagerie du portable d'Obama

le 25/04/2009 à 3h21


T'es toujours pas allé voir par là si j'y suis?

Que pendejo eres, mi'jo...

El día de hoy Hillary Clinton, secretaria de estado de los Estados Unidos, envió una nota formal de protesta a la cancillería venezolana. El motivo de la misiva fue que desde un número "no especificado" pero proveniente de Venezuela se han estado enviando mensajes de texto, lo que ocasionó que se le llenara la casilla de mensajes del presidente Obama. ?Epale, cómo estas obi?? y ?Buenos días, adivina con quién soñé anoche?? son algunos de los mensajes de texto acumulados en el buzón del Presidente Obama.

De acuerdo con las cifras que se indican en la carta, en los últimos 3 días han llegado aproximadamente 2.100 mensajes de texto, uno cada dos minutos. En la enérgica carta de protesta, según pudimos conocer, se estableció una lista con algunos de los mensajes que se recibieron en el teléfono de Barack Obama:

- Que fino fue conocerte XD.
- Epale, ¿llegaste bien?
- No me escribiste al llegar. ¿Te gustó mi regalo?
- ¿Ya te leíste el libro? No vayas a revisar ahora, pero en la página 300 te dejé una notica.
- Hoy me desayuné un pan de jamón y cuando vi una de las pasitas, no sé por qué, me acordé de ti. Llámame.
- Otra noche de lluvia... me siento tan solo y este vergatario que no suena. Llámame a cualquier hora, lo puse en vibracall.
- La pasé demasiado rico en Trinidad X)
- JEJEJEJE Anoche Aristóbulo me echó un chiste buenísimo JEJEJEJE... ¿Quieres oírlo?
- Te mandé un email, revísa tu correo.
- Te mandé otro email, con las fotos de Trinidad.
- Hoy vi un episodio de 24 y me asusté mucho. ¡Tantas cosas que pueden pasarle a un presidente como tu! A ti no te va a pasar nada de eso, ¿verdad?
- Estados Unidos... Estamos Unidos. Ji ji ji ji.
- Qué chiste tan malo el anterior, no sé que me pasó :$
- Buenos días. ¿Adivina con quién soñé anoche?
- Me invitaron a la playa... sin ti no es lo mismo, creo que no voy a ir.
- Estoy empezando a preocuparme. Me da la impresión que me estás ignorando. ¿O será que no tienes saldo?
- Mi mamá me dijo que el problema es que a lo mejor tu no entiendes mis mensajes. So I go to write in english: I MISS YOU.
- Me está volviendo loco tanto silencio.
- Si necesitas ayuda con algo, lo que sea, cuenta conmigo. Para siempre.
- Nada, seguro estás full otra vez. Qué ladi esa recesión que te tiene todo el día preocupado. Ojalá pudiera desaparecerla de un manotazo.
- Barack Hussein: en serio. Cuando leas esto, llámame. H.
- Obi, ¿me estás ignorando?.


L'avis des internautes
Si vous aimez ce blog, vous aimerez aussi...
  • Aotearoa

    Aotearoa

    Partis travailler en Wwoofing (travail dans des fermes bio) en Nouvelle-Zélande, Elodie et Thomas nous font découvrir leurs aventures au fil de leurs pérégrinations.

  • Au fil du Bosphore

    Au fil du Bosphore

    Un journaliste indépendant dresse le portrait, surtout politique mais aussi culturel de la Turquie d'aujourd'hui

  • Une patate en Inde - Agathe way of India

    Une patate en Inde - Agathe way of India

    Découvrez la vie d'une étudiante française à Bombay : Agathe nous fait découvrir l'Inde et ses expériences au jour le jour.

Note : Vous êtes actuellement sur une version béta du site utilisée pour les tests.
La version 1 arrive prochainement et chaque blogueur sera contacté auparavant.