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Vitória, l'Espirito Santo et le Brésil
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Vitória, l'Espirito Santo et le Brésil

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Résidant de la ville de Vitória au Brésil, Francis enrichit son blog de ses analyses sur la situation de son pays et de son continent d'accueil.

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Soleil vert, Home sweet home

le 10/06/2009 à 15h41


Soleil vert, en version originale Soylent Green, ça vous rappelle quelque chose ? Dans le livre nous sommes en 2022, dans le film nous sommes en 1999. Nous sommes donc entre les deux. Ou, si vous voulez, en plein dedans. Inutile que je vous dise dans quoi.

Rappelez-vous les tablettes vitaminées dont on nourrissait le peuple, faites à partir de cadavres. Une histoire de dingue, donc. Quelque chose qu?aucune entreprise ne se permettrait. Des bovins nourris avec des farines animales produites entre autres avec des squelettes d?animaux, des bovins réjouis se mettant à danser la Saint-Guy, cela n?a duré que le temps d?un mauvais cauchemar...

Rappelez vous un New York surpeuplé où s'entassaient des millions de chômeurs, où les automobiles ne roulaient plus et où régnaient le rationnement et la violence. Une histoire d?écrivain en mal de sensationnalisme. Quelque chose qui ne risquait pas d?arriver. Quelque chose qui n?arrivera pas...

Rappelez vous la destruction de l?environnement et la raréfaction des matières premières. Un mauvais film fait pour nous faire peur, mais oublié dès que l?on remontait dans notre bagnole en sortant du cinéma.

Rappelez vous E.G. Robinson qui, avant d'être euthanasié, se voyait montré, dans une sorte de dôme imax, le film souvenir d?un monde disparu, des images d?animaux sauvages et de paysages naturels magnifiques.

Depuis vendredi dernier, est offert à l?humanité qui va bientôt tirer sa révérence son Soleil vert, le film bientôt souvenir du monde qu?elle finit de détruire. Cela s?appelle Home.


La participation du Brésil à la seconde guerre mondiale

le 06/06/2009 à 16h21


Ce jour, où l?on célèbre le Débarquement des Forces alliées en Normandie, me donne l?occasion de rappeler brièvement le rôle du Brésil pendant la 2ème guerre mondiale et ses conséquences.

Après bien des hésitations, Getúlio Vargas décide la rupture des relations diplomatiques du Brésil avec les pays de l'Axe. Ce retournement, annoncé lors d?une réunion avec les ambassadeurs en poste à Rio de Janeiro, le 28 janvier 1942, fait aussitôt des navires brésiliens la cible d'attaques des sous-marins allemands. Pendant les sept mois qui suivent, 34 navires brésiliens sont torpillés le long des côtes du pays, causant des centaines de pertes humaines. L'Armée de l'air Brésilienne (FAB) commence alors une mission de patrouille de l?Atlantique Sud, prélude aux missions de la FAB sur le front italien.

L'indignation provoquée par les torpillages renforce la campagne pour l'entrée du Brésil dans la guerre, à laquelle participent diverses organisations, dont notamment l'Union nationale des étudiants (UNE). En réponse aux appels émanant de la société, le Brésil décrète finalement l'état de belligérance le 22 août, puis l'état de guerre contre l'Allemagne et l'Italie le 31 août 1942. Dans les mois qui suivent, le gouvernement crée la Coordination de la mobilisation économique (CME), avec pour objectif de coordonner le fonctionnement de l'économie dans le contexte d'urgence produit par le conflit mondial.

Commencent alors des discussions sur l'envoi d'un contingent brésilien sur le front. La formation d'une force expéditionnaire correspond à un double objectif politique de Getúlio Vargas : d'une part, renforcer les Forces armées brésiliennes sur le plan intérieur ainsi qu?aux yeux des voisins du Cône Sud, en particulier l'Argentine, afin de s?assurer la poursuite du soutien militaire au régime de l'Estado Novo ; d'autre part, donner un rôle significatif au Brésil dans le scénario international, faisant de lui l'allié spécial des États-Unis dans la région. Cependant, les victoires alliées dans le nord de l'Afrique, en novembre 1942, réduisent considérablement l'importance stratégique du nord-est du Brésil et, par conséquent, les possibilités de rééquipement des Forces armées brésiliennes. Inquiet, Vargas doit insister auprès du président nord-américain Franklin Roosevelt, quand celui-ci visite Natal en janvier 1943, afin d?obtenir la fourniture de matériel militaire promis par les États-Unis et de le convaincre de la détermination du Brésil à prendre une part active dans les combats. Avec l'accord de Washington, la FEB finit par être structurée en août 1943. Le Général Mascarenhas de Moraes en prend le commandement.

De la création de la FEB jusqu'à l'embarquement du 1er Escadron pour l'Italie, il se passe presque une année. Durant cette période, consacrée à la préparation et à la formation des troupes, de nombreux désaccords apparaissent entre le Brésil et les États-Unis, allant de la libération des équipements militaires destinées aux forces brésiliennes, jusqu'à la définition de la zone d?opération de la FEB. Une fois libérés les armements nord-américains et surmontée la résistance britannique à la présence d'une force brésilienne dans la Méditerranée, le premier contingent de troupes brésiliennes embarque le 30 juin 1944 avec pour destination l'Italie. Au cours des huit mois suivants, quatre autres escadrons rejoignent le théâtre des opérations. La FAB est notamment représentée par un groupe d'aviation de chasse et une escadrille de liaison et d?observation.

L'envoi de la FEB et de la FAB sur le théâtre d'opérations couronne alors un processus commencé près de quatre ans plus tôt, mais constitue aussi le point de départ d'une nouvelle étape, la recherche, de la part du gouvernement brésilien, d?une participation dans les négociations d'après-guerre qui définiront un nouvel ordre mondial.

Outre qu'elle a permis la modernisation des Forces armées, la participation militaire directe du Brésil dans la guerre a dans un premier moment fortifié le régime et a augmenté le pouvoir et le prestige des secteurs civils et militaires de la classe gouvernante. Toutefois, elle a ensuite fait apparaître une contradiction, dans la mesure où le Brésil soutenait les forces alliées dans leur lutte contre les régimes autoritaires nazis et fascistes, tout en maintenant sur le plan intérieur un régime dictatorial qui restreignait les libertés démocratiques. Il n'a pas tardé beaucoup pour que l'Estado Novo souffrît des effets de cette contradiction. Malgré les mesures d?ouverture adoptées par le gouvernement, cherchant à répondre aux attentes d?une partie de l?opposition, un coup d?état conduit le 29 octobre 1945 par le haut commandement de l'Armée a provoqué la chute de Vargas et la fin de l'Estado Novo.

Sur le plan de la politique extérieure, la participation à la guerre n'est pas parvenue à servir l'objectif du Brésil de devenir un acteur influent dans la construction du nouvel ordre international. En effet, alors que le Brésil négociait encore sa participation militaire dans la lutte contre l'Axe, les Alliés préparaient déjà le monde d'après-guerre. Quoi qu?il en soit, le Brésil a participé à la Conférence de Paix de Paris en 1946 et a obtenu un siège non permanent au Conseil de Sécurité de la nouvelle Organisation des Nations Unies.

Sources : Fundação Getúlio Vargas, Wikipédia.


Mauvaise blague

le 03/06/2009 à 13h01


Cela pourrait prêter à rire s?il ne s?agissait pas d?une tragédie. En tournée en Amérique centrale, Lula aurait déclaré : « Un pays capable de trouver du pétrole à 6000 mètres de profondeur, doit pouvoir trouver un avion à 2000 mètres ». Doit-on en conclure que l?un de ses homologues européens s?est montré particulièrement arrogant lors de leurs récentes conversations téléphoniques ?

Source : BBC Brasil


La Chine veille, le Brésil se rendort

le 31/05/2009 à 16h01


Le récent voyage du président brésilien en Chine a mis en évidence une fois encore ce qui sépare les deux pays, abusivement regroupés sous l?acronyme BRIC, qui n?a guère plus de substance qu?une enseigne au-dessus de la porte d?un bazar stambouliote.

De la rencontre entre les deux gouvernements, les Chinois ont obtenu ce qu?ils cherchaient, à savoir l?assurance de se fournir auprès du Brésil en pétrole, fer, soja et autres matières premières sur le moyen terme, tandis que les Brésiliens n?ont pas atteint leur objectif d?intéresser sérieusement leurs hôtes aux biens manufacturés made in Brazil.

C?est que le Brésil, malgré quelques succès industriels, ne parvient pas à sortir du rôle qui est le sien depuis la colonisation portugaise, qui consiste avant tout à exploiter l?incroyable portefeuille de ressources naturelles dont il est doté. Et sans doute est-ce là le malheur du Brésil que d?être trop riche pour inciter ses élites, coulées dans le moule de ce type de développement, à faire les efforts qui placeraient le Brésil dans la catégorie des pays du premier monde. À l?inverse, le Japon puis la Corée du Sud ont montré comment le manque de ressources naturelles favorise l?innovation et la richesse.

Et la découverte ces dernières années de gigantesques gisements de pétrole off shore n?est pas de nature à renverser les perspectives. Ce danger est d?ailleurs bien compris d?une minorité d?entrepreneurs brésiliens qui ne cessent de mettre en garde contre les facilités. En effet, soit le Brésil suit le modèle archaïque vénézuélien, qui consiste à sous-traiter les efforts à des entreprises étrangères, c?est-à-dire à leur acheter à prix d?or les équipements derrière le paravent de la nationalisation des exploitants locaux, soit il saisit l?opportunité que représente le défi de forer en eaux très profondes pour inventer et développer ses propres outils, qui pourrait être la première étape de la construction d?une filière industrielle du pétrole vraiment brésilienne.

Malheureusement, il n?est guère permis d?être optimiste. Faire cette révolution impliquerait de renverser totalement les mauvaises habitudes prises, en faisant notamment de l?éducation une véritable priorité, traduite enfin dans les faits et non simplement invoquée depuis des années au long de discours grandiloquents jamais suivis d?effet.

C?est que le Brésil, contrairement à la Chine, n?a guère de grandes ambitions. Il voudrait bien appartenir au premier monde, mais n?est pas franchement disposé à faire les efforts que cela imposerait.

Les crises économiques sont chaque fois l?occasion de redistribuer des rôles. Celle-ci est une occasion manquée de plus pour le Brésil, en train de perdre des parts de marché au lieu d?en gagner. À terme, des secteurs entiers de son industrie risquent de disparaître. La chaussure, le textile pourraient, par exemple, ne pas s?en relever. Si partout dans le monde, les exportations chutent, celles du Brésil chutent bien plus encore que celles de ses concurrents. Ainsi, au premier trimestre 2009, si les importations argentines de produits chinois ont diminué de 25,1%, celles de produits brésiliens ont reculé de 45,7%. Sur huit secteurs où la Chine a augmenté ses ventes en Argentine, six l?ont été au détriment du Brésil : le papier, les chaussures, les appareils photographiques, les instruments optiques, médicaux et de musique, les jouets et les accessoires vestimentaires.


Conspiration

le 29/05/2009 à 15h01


Je ne sais pourquoi, je m?étais fourré dans la tête que Tom Stoppard était citoyen des États-Unis. En vérité, Tom Stoppard est un sujet de la Reine d?Angleterre, né dans la défunte Tchécoslovaquie, qui a passé une partie significative de son enfance en Inde, alors qu?il aurait dû se trouver en Australie, où rêvaient de s?installer ses parents. Bref, Tom Stoppard est un homme de notre temps.

Je relève, dans une traduction en brésilien, par Paulo Migliacci, d?une entrevue publiée dans le Financial Times, ceci :

?Um dos motivos para que existam tantas versões de Tchekhov é que as traduções ficam datadas de uma maneira que não acontece com o original. As traduções parecem presas ao seu tempo.?

En voici une traduction en français :

« Une des raisons qui font qu?il y a tant de versions des pièces de Tchekhov, c?est que les traductions deviennent datées, ce qui n?est pas le cas du texte original. Les traductions paraissent prisonnières de leur temps. »

Que les traductions paraissent datées, n?a rien pour étonner. C?est un des problèmes étudiés par Umberto Eco dans Dire quasi la stessa cosa. Mais que le texte original n?ait aucunement souffert les outrages du temps me paraît assez curieux. Est-ce à dire que la langue russe, que le contexte russe sont restés figés depuis au moins un siècle ?

Mais, poursuivons :

?Tradução é quase uma contradição em termos. Quando ouço traduções de minhas peças, não preciso conhecer o outro idioma para ter certeza de que ele não é capaz de fazer o mesmo que o inglês ? e não apenas por conta do óbvio, como jogos de palavras ?, mas porque boa parte da escrita, em qualquer idioma, é uma espécie de conspiração entre som e sentido e não se pode obter o som necessário por meio de um sentido equivalente.?

?Além disso, quando você está escrevendo, mesmo que não pense a respeito, está fazendo uso de numerosas alusões à vida tal qual compreendida por seu público, uma espécie de contexto cultural.?

Cela donne, selon ma traduction :

« La traduction est presque une contradiction dans les termes. Quand j?écoute la traduction de mes pièces, je n?ai pas besoin de connaître l?autre langue pour être certain qu?elle ne peut produire le même effet que l?anglais ? et pas seulement de manière évidente, comme avec les jeux de mots ?, mais parce qu?une bonne partie de ce qui s?écrit, dans n?importe quelle langue, est une sorte de conspiration entre le son et le sens et que l?on ne peut pas obtenir le son nécessaire au moyen d?un sens équivalent. »

« De plus, quand vous écrivez, même si vous n?y pensez pas, vous faites de nombreuses allusions à la vie telle qu?elle est comprise par votre public, une espèce de contexte culturel. »

J?aime beaucoup cette idée d?une conspiration entre le son et le sens, une action secrète tramée dans le silence de l?inconscient. Et il est assez « symptomatique » que c?est en pensant la traduction que viennent à la conscience les indices d?une conspiration. Comme si la traduction jouait le rôle d?un transfert, projection par l?auteur de contenus de l?inconscient sur la personne du traducteur...

Source : Folha de São Paulo


Brazilian connections

le 27/05/2009 à 3h01


Il y aurait actuellement :

  • 56 millions d?ordinateurs en service au Brésil, dont 86% seraient des Pentium 4 ou supérieurs ;
  • 150 millions de portables actifs ;
  • 40 millions de lignes de téléphone fixe.
Source : Fundação Getúlio Vargas


Les conditions de séjour touristique des Brésiliens en France

le 26/05/2009 à 16h43


Pour ne pas être, à notre tour piégés, j?ai envoyé le courriel qui suit au Consulat de France :

« Mon épouse, brésilienne, et moi, français, avons l?habitude de passer chaque année 3 ou 4 semaines de vacances en France et en Europe. Plus précisément, nous avons l?habitude de réserver 3 ou 4 nuits d?hôtel à Paris, les 3 ou 4 premières nuits, après quoi nous improvisons notre itinéraire, passant d?une région à l?autre, voire d?un pays à l?autre, au gré de nos envies et des disponibilités de nos amis et de notre famille.

La multiplication d?affaires récentes, rapportées par la presse française aussi bien que par la presse brésilienne, nous fait vous demander s?il est encore possible d?envisager de telles modalités pour nos séjours en France et en Europe.

En effet, nous n?avons nullement l?intention de nous contraindre à établir avant de partir un itinéraire et de faire les réservations pour toutes les nuits de notre séjour. Il est donc impératif que nous sachions si nous pouvons continuer de voyager comme par le passé ou non. Si tel ne devait pas être le cas, nous serions tout simplement au regret de renoncer à nos vacances en France et en Europe.

En outre, des amis brésiliens ont l?habitude de nous accompagner lors de ces voyages. Deux modalités les séduisent particulièrement : le fait d?être accompagné par un Français et la possibilité de fixer au jour le jour notre itinéraire en fonction de nos humeurs. Ma question vaut donc pour eux aussi. »

La réponse du Consulat n?a pas tardé, qui me conseille de la divulguer. Dont acte :

« Pour votre épouse il n'y a pas de problème : il lui suffit de présenter son passeport et l'acte de mariage français ou le livret de famille.

Pour ce qui est de vos amis brésiliens, je vous renvoie à la page suivante qui explique très précisément les documents requis pour les touristes hors UE qui souhaitent entrer en France : http://www.ambafrance.org.br/abr/atualidades/pdf/Controle_arrivee_tableau_justif%20trad.pdf

Ce document a été établi eu égard aux exigences de la police aux frontières. Je ne peux qu'inviter vos amis brésiliens à le respecter scrupuleusement afin d'éviter une mauvaise surprise à l'arrivée en France. »


Le chiffre : 1.274.000

le 20/05/2009 à 15h21


C?est, en reais, ce que coûte chaque année un député brésilien, quand on prend en compte son salaire et ses frais de représentation, selon une étude qui vient d?être rendue publique par Rafael Guerra, député de Minas Gerais.

Selon la même étude, en France, les mêmes coûts sont de 736.000 reais (environ 260.000 euros).


L’ex-gouverneur de l’Espírito Santo condamné à 9 ans de prison

le 19/05/2009 à 16h01


Association de malfaiteurs, abus de biens sociaux, blanchiment d?argent, ce sont quelques uns des hauts faits d?arme qui valent aujourd?hui à José Ignácio Ferreira une condamnation à 9 ans de prison.

Gouverneur de 1999 à 2002, José Ignácio avait monté, en famille, une fabrique de soupe, destinée aux pauvres. Cette soupe populaire, ce devait être la grande action sociale de son gouvernement, une idée généreuse inspirée par une action similaire créée dans l?État voisin de Minas Gerais.

En famille, car Madame, Maria Helena Ruy Ferreira, était la secrétaire à l?Action sociale de Monsieur. Rien de mieux que de partager la même soupière ! Soit dit en passant, Madame est condamnée à 13 ans de prison, 4 ans de plus que son mari, parce que, non contente de partager avec lui les mêmes crimes, elle se serait aussi livrée à la corruption...

La soupe populaire, donc. Une bien belle idée que de faire appel à la générosité du patronat capixaba, afin de financer cette usine et la distribution de ses produits aux misérables.

Mais, selon le ministère public, les généreuses donations effectuées par ces généreux chefs d?entreprise servaient une autre soupe. Elles alimentaient en pots de vin le gouvernement. La transformation de la soupe en vin, un miracle auquel même Jésus Christ n?avait pas pensé.

La condamnation a été prononcée vendredi dernier. Il était temps, car hier José Ignácio fêtait ses 70 printemps, l?âge de la prescription.

Bon, n?allez pas imaginer que José Ignácio dormira ce soir en prison. Il a déposé, comme la loi l?y autorise, un recours. Sa défense est la suivante : « Il ne peut pas y avoir de crime parce qu?il n?y a pas eu de victime. ». Et encore celle-ci : « Cet argent était privé et destiné à des entités privées. » On ne saurait mieux dire !

Source : Folha de São Paulo en ligne.


Looking for Eric

le 18/05/2009 à 15h01


Lorsqu?un groupe d?Argentins rencontre un groupe de Brésiliens, le premier ne peut s?empêcher de provoquer ses hôtes en posant cette importantissime question : « Quel est le meilleur joueur de foot de tous les temps ? » Pour les Argentins, la réponse est toujours la même et fait l?unanimité, c?est Diego Armando Maradona. Pour les Brésiliens, c?est un peu plus compliqué, même si Pelé tient presque toujours la tête. Est-ce qu?il faut y voir le signe que les dictatures sont plus dures en Argentine qu?au Brésil ?

Quand on m?interroge, ma réponse réussit toujours à les renvoyer dans la même moitié de terrain. Ils s?attendent à ce que je réponde Platini ou Zidane, je leur envoie dans la lucarne Éric Cantona.

Quand j?ai appris que Ken Loach, un cinéaste certes un peu laborieux, avait tourné un film de et avec Éric Cantona, j?ai été aux anges. Le film ne retrace bien sûr pas la carrière footballistique de l?artiste marseillais, j?espère qu?il met le doigt (de pied) sur l?essentiel, ce qui a fait d?Éric Cantona le meilleur joueur de foot de tous les temps, le plus iconoclaste, le plus inventif, le plus émouvant.

Reste à savoir si le film sera distribué au Brésil. C'est pas gagné.


Pobre de marré deci

le 17/05/2009 à 16h21


Je l?ai sans doute évoqué déjà plusieurs fois, les fêtes d?anniversaire des enfants sont l?occasion pour les parents d?inviter non seulement les copains des enfants mais aussi leurs propres amis. Et l?on sait qu?au Brésil on a l?amitié facile, large et étendue, quand il s?agit de se réunir autour d?un churrasco et de descendre quelques bières et caipirinhas. Si l?on n?y prend pas garde, on peut facilement passer toutes ses soirées d?une invitation à l?autre...

Je sens que ce billet commence mal, cette introduction n?ayant rien à voir avec le propos qui va suivre. Mais puisqu?elle est déjà écrite et qu?elle est susceptible de ne pas totalement désintéresser le lecteur avide de digressions, autant la laisser...

Parmi les amigos auxquels nous nous étions joints hier, tentait de faire bonne figure une vieille connaissance, un professeur d?université que nous n?avions pas vu depuis quelques années. Autant le dire tout de suite, ses blagues obsessionnellement orientées dans la direction de son propre sexe mou d?éjaculateur précoce (dixit l?intéressé qui voulait faire l?intéressant), ont eu vite fait de faire retomber mon attention.

Malgré tout, c?était dommage, dans la débandade je perdais toute une série d?expressions argotiques, dont certaines m?étaient inconnues, que j?aime à disséquer, comme le savent les lecteurs fidèles. En passant, une assiette de salade baignant dans une sauce de maracujá à la main, j?ai tout de même retenu l?expression « rabo na saia », synonyme de « mulherengo », à laquelle je reviendrai peut-être un jour, encore qu?il me semble avoir épuisé l?essentiel en énonçant cette phrase.

Malgré tout, rebelote, l?éjaculateur précoce ayant fini par abandonner un instant son auto-flagellation publique ou, plus précisément, lui ayant fait prendre un tour différent en ironisant sur ses origines plus que modestes, une autre expression qui m?était jusqu?alors inconnue a trouvé le chemin de mes oreilles : « pobre de marré deci ».

C?est assez curieux, certaines phrases, certains bouts de phrase, devrais-je dire, ont parfois le don de réveiller chez nous, zêtresumains, d?étranges échos. C?est là que je voulais en venir.

J?interroge un ou deux amigos. Être « pobre de marré deci », c?est être très pauvre, misérable même, me disent-ils. Mais ils ignorent l?origine de l?expression. Je reste donc sur ma faim et me console en me jetant sur quelques croûtons de pain à l?ail dégoulinant de graisse, une cochonnerie dont je raffole, allez savoir pourquoi.

Vous êtes toujours là ? Vous imaginez bien que si échos il y a, je ne vais pas en rester là.

Les heures passent, nous montons chez notre hôte prendre le café avec un excellent cognac et quelques carrés de chocolat amer (85% de cacao), parlons de suicide, donc de Chatterton, donc de puta que pariu, donc commençons à nous lancer dans quelques fofocas. E por aí vai...

Vient le moment de nous séparer. Etel et moi sommes attendus par d?autres amis au théâtre. Nous faisons fissa direction le théâtre Carlos Gomes. Et découvrons en arrivant que nous nous sommes trompés, que la pièce est donnée ailleurs, sur la scène du théâtre universitaire. Qu?à cela ne tienne, nous fonçons direction le campus de Goiabeiras. Le titre de la pièce, je vous le donne en mille : « A arte de escutar » : cela nous apprendra à mieux écouter la prochaine fois !

Je passe rapidement sur la pièce, excellente, une comédie à mourir de rire ? mourir d?un rire jaune ? sur les petits et grands travers de nos contemporains. Mais, puisque ce n?est pas le propos de ce billet et que je vous ai déjà infligé quelques digressions, je n?en dirai pas plus.

Il est 22 heures quand nous sortons du théâtre, l?heure d?aller souper. Rendez-vous dans un restaurant italien ? ce n?est pas pour rien que nous vivons dans l?Espírito Santo ? où nous retrouvons un couple que je ne connais pas.

Tandis que nous hésitons quant au vin à choisir, Zé Dalton et Edivaldo font assaut d?érudition sur les marchinhas du carnaval de Rio des années quarante, la littérature de cordel et les chansons populaires du Nordeste. C?est donc en toute confiance que je leur soumets « pobre de marré deci ». Je ne suis pas déçu, ils se mettent à chantonner la ronde dont est tirée l?expression.

Étranges échos, disais-je. Cette mélodie, je la connais, remontée tout droit de mon enfance après quelques décennies d?oubli. Mais impossible pour moi de me rappeler les paroles en français, ni même un titre.

La solution de l?énigme, je l?ai trouvée ce matin, grâce à mon butineur. L?histoire de cette chansonnette est fascinante. D?origine runique, elle a traversé l?Europe pour s?établir aux Pays-Bas, et dans les territoires qui sont aujourd?hui la Belgique, la Flandre française et, sans doute, la Picardie. Les Hollandais de Maurice de Nassau l?ont apporté au Pernambouc. Vous l?avez compris, elle s?est si bien acclimatée au Brésil qu?elle est toujours chantée, soit en berceuse, soit en farandole.

Les curieux trouveront leur bonheur en lisant ce texte de Avelino Medina, en cliquant ici.


Rachid, vous connaissez ?

le 15/05/2009 à 3h01


Députés, sénateurs, maires, conseillers municipaux ont la possibilité d?embaucher des assessores, dont le nombre et les émoluments sont fixés par les lois, soit au niveau fédéral, estadual, ou local. Cette facilité est en soi un instrument assez efficace du clientélisme et surtout du népotisme. Bien souvent, les élus payent à ne rien faire ou presque des membres de leur famille ou des leaders communautaires qui leur sont tout dévoués. Et le dévouement peut aller très loin, comme nous allons le voir.

En effet, comme si cela ne suffisait pas, certains poussent le vice un peu plus loin en passant avec leurs collaborateurs le deal suivant : « je t?embauche à condition que tu me reverses une partie de ton salaire ».

Cette forme de concussion s?appelle, au Brésil, un « rachid ».


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